Les nouveaux Abribus+ de la STM : un pas de plus vers l’affichage interactif

Peut-être les avez-vous déjà remarqués: de nouveaux abribus sont progressivement déployés un peu partout sur l’île de Montréal. En effet, une quarantaine d’eux ont été mis en place récemment, avec comme plan d’éventuellement remplacer tous ceux dans la ville.

Ces nouveaux édicules, nommés Abribus+ et conçus en partenariat avec Québécor Média Affichage (selon notre compréhension, ce sont ces derniers qui assument la plus grosse partie financière de ce projet), sont dotés de plusieurs technologies novatrices: un écran interactif de 84 pouces activé par le mouvement détecté par une caméra à reconnaissance gestuelle située au-dessus de l’écran, un haut-parleur pour émettre de l’audio, une connexion à Internet, un GPS pour la géolocalisation, ainsi qu’une puce NFC qui pourra éventuellement transmettre des offres promotionnelles ou autres informations aux téléphones intelligents des passagers (il faut noter que ce ne sont pas tous les abribus qui seront équipés ainsi; plusieurs n’auront qu’une publicité rétroéclairée). Cet attirail de nouvelles technologies nous amène un pas de plus vers l’affichage publicitaire interactif que l’on nous annonce depuis quelques années déjà.

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De nouvelles possibilités

Pour voir comment toutes ces technologies joueront de concert, vous pouvez aller visionner la vidéo de présentation des nouveaux abribus sur le site abribus.ca. Voici en résumé les diverses possibilités:

  • Affichage des horaires d’autobus, de la météo, ou de nouvelles de LCN
  • Affichage d’une carte interactive avec l’emplacement de l’arrêt à l’aide de géolocalisation
  • Activation de la publicité (sous forme de vidéo, d’audio ou d’interactions) uniquement lors de la présence d’une personne devant le panneau
  • Possibilités d’interactions avec la publicité à l’aide de mouvements détectés par la caméra (l’écran n’est pas tactile cependant)
  • Possibilités d’interactions avec téléphones intelligents équipés de puces NFC: offres promotionnelles des annonceurs, horaires d’autobus, messages importants, etc.
  • Possibilité de présenter plusieurs publicités (à intervalle de 8 secondes)
  • Lorsque le système iBus sera implanté en 2014: possibilité de savoir en temps réel lorsque l’autobus arrivera, ainsi que tout retard potentiel

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Quel est donc l’objectif de ces Abribus+ interactifs? Au-delà des questions d’esthétisme et de modernisation de ces abris, en plus des possibilités qu’offrira le système iBus, tous des points qui bénéficieront aux clients de la STM, il est évident que l’un des objectifs primaires est d’augmenter l’engagement des citadins envers ces publicités, pour en fin de compte accroître les revenus publicitaires qui seront récoltés par Québécor, selon notre compréhension de cette entente. D’ailleurs, une grande partie du site abribus.ca est consacrée à ce volet.

Un pari risqué?

Si toutes les innovations rendant le service de transport en commun plus fiable et pratique justifient déjà ce projet d’envergure, on ne peut prédire avec certitude le succès de son volet publicitaire. Évidemment, le temps nous dira à quel point les passagers s’engagent avec le contenu publicitaire, mais d’ici là, plusieurs questions peuvent être soulevées, notamment quant à l’expérience de l’utilisateur face à ces panneaux d’affichage.

En effet, si vous jetez un coup d’oeil à la vidéo de présentation, on peut se questionner quant à l’utilisabilité qu’offre cette solution interactive; les interactions semblent être lentes et manquer de précision à certains moments (et si le Vice-Président de Québécor Média Affichage a du mal durant sa présentation, imaginez Monsieur et Madame Tout-le-monde). Pour naviguer, on doit pointer avec sa main vers la section que l’on désire activer, mais, le tout étant détecté par une caméra en temps réel, on ressent continuellement un petit retard dans les interactions. Dans un contexte où l’utilisateur n’a pas forcément beaucoup de temps, ces lacunes peuvent potentiellement être coûteuses, déjà qu’on ne peut supposer qu’un passant voudra volontairement interagir avec une publicité en public.

Si les fonctions pratiques énumérées précédemment peuvent réellement améliorer le service auprès des usagers, alors ces petites lacunes seront pardonnées, et peut-être que les utilisateurs navigueront sur ces écrans, avec le bonus d’être exposés aux publicités. Mais il ne faut pas oublier que ces panneaux entrent également en compétition avec de plus petits écrans: ceux des téléphones intelligents que de plus en plus de gens possèdent et qui fournissent la même information probablement beaucoup plus rapidement. Les deux peuvent évidemment cohabiter, mais il faut alors que l’expérience proposée soit sans failles. Avec les obstacles de nature ergonomique, en plus d’une météo québécoise peu clémente envers ce genre de technologie, la STM et Québécor ont tout un défi à relever!

Cependant, pour l’instant, nous donnons le bénéfice du doute à la STM et à Québécor et nous accueillons à bras ouverts cette initiative qui ne peut que contribuer à faire de Montréal une ville intelligente!

Sources: